Dernièrement, lors de notre traditionnelle sortie récréative avec le bureau, nous avons visité l'abbaye d'Orval et, si le temps n'était pas
réellement de la partie (à quelques minutes d'ensoleillement près) je tenais malgré tout à vous faire découvrir les quelques belles "pierres" que j'ai capturées…
L'abbaye d'Orval est située dans la province du Luxembourg, plus précisément en Gaume en Belgique, non loin des frontières française et
luxembourgeoise.
Un premier groupe de bénédictins venus d'Italie vient y bâtir une église et un couvent en 1070 mais on sait qu'une chapelle fut déjà érigée
sur le site au cours du 10ème siècle. Les terres leur ont été données par Arnould, comte de Chiny.
40 ans plus tard, les moines quittèrent les lieux pour faire place à une communauté de chanoines au début du 12ème siècles. Ces
derniers achevèrent les travaux et inaugurèrent l'abbatiale dédiée à Notre-Dame en présence de l'évêque de Verdun en 1124. Cette abbatiale mesurait 53 m de long pour 25 m de
large.
C'est en mars 1132 que les chanoines furent rejoints par des moines cisterciens de l'abbaye de Troisfontaines en Champagne et ensemble ils
construisirent un monastère.
Ils ont également créé un domaine agricole et forestier tout alentour qui leur permis de vivre selon les règles de leurs
observances.
Au fil des siècles, l'abbaye a connu des périodes prospères et d'autres de grande difficulté car située à la frontière entre le royaume de
France et l'empire elle fut au cœur de grands batailles et guerres au cours des 15ème et 17ème siècles.
Elle fut une première fois incendiée et pillée pendant la guerre de 30 ans en 1637 pour être à nouveau mise à feu en 1793 à la suite de
la révolution française. La communauté fut alors dispersée et le site resta en ruine jusqu'en 1926 lorsqu'un moine dénommé Marie-Albert VAN DER CRUYSSEN entrepris la reconstruction de
l'abbaye.
D'après la légende, Orval doit son nom à la comtesse Mathilde de Toscane. Elle laissa tomber par mégarde son alliance dans la fontaine de
cette vallée. Suppliant et priant Dieu de lui rendre, elle vit apparaître une truite portant l'alliance dans sa gueule. Mathilde s'écria "vraiment, ici c'est un val d'or".
Aujourd'hui, la réputation de l'abbaye d'Orval passe également par sa bière et son fromage.
Si la fabrication et la production du fromage datent de 1928, soit 2 ans après le retour des moines, pour la bière, on peut dire qu'Orval a
toujours "baigné" dedans. En effet, d'après d'anciens plans, on peut attester de la présence d'une houblonnière il y a plus de 300 ans sur un site proche du monastère. Il faut savoir qu'à
l'époque, la bière était connue pour ses vertus nourrissantes, on l'appelait d'ailleurs "le pain liquide".
Cependant, la brasserie n'a pas été mise en place pour donner une ressource et une activité supplémentaires pour les moines car dès le début,
la brasserie a été tenue par des laïques.
En effet, prospère, l'abbaye l'a toujours été, particulièrement lorsque Charles Quint autorisa les moines à établir une forge en leurs murs
ce qui, dans un premier temps, octroya les moyens nécessaires à la reconstruction des dégâts occasionnés par les guerres et c'est ainsi qu'Orval a été entourée d'une activité économique plus
importante que nécessaire pour la communauté de moines.
Sachez enfin que la bière d'Orval est une bière trappiste. Il n'existe que 7 brasseries trappistes au monde. Pour obtenir ce "label", il faut
répondre à certaines exigences, la première étant la plus évident, être fabriquée au sein d'une abbaye sous la surveillance d'une communauté monastique de tradition cistercienne. Ceci restreint
déjà la sélection.
Les bières d'Orval, Chimay, Rochefort, Westvleteren, Wastemalle et Achel en Belgique peuvent se prévaloir de cette appellation mais également
la bière de Koningshoeven aux Pays-Bas.
La production et la commercialisation de la bière à Orval est donc sous le contrôle direct de la communauté et une part des revenus engendrés
est consacrée à des œuvres sociales.
J'espère avoir réussi à vous mettre l'eau à la bouche, ne fut-ce qu'au niveau de la nourriture "terrestre", moi qui ne suis pas une fanatique
de bière je peux vous dire pour l'avoir goûtée que cette bière est vraiment excellente et ne parlons pas du fromage!
J'espère aussi avoir pu vous donner l'envie de venir visiter le site car il est l'un des rares à avoir réussi le mariage des ruines et de
nouveaux bâtiments construits au fil des siècles sans qu'aucun ne fasse l'effet d'un "coup de poing" dans l'œil vis-à-vis de l'autre.